L’organisation Etat islamique annonce la mort de son chef, tué par un groupe djihadiste rival

L’organisation djihadiste Etat islamique (EI) a annoncé jeudi 3 août la mort de son chef, Abou Al-Hussein Al-Husseini Al-Qourachi, tué dans des affrontements avec la formation djihadiste Hayat Tahrir Al-Cham (HTS), dans le nord-ouest de la Syrie. Il a été tué « lors d’une confrontation directe (…) dans l’une des localités de la province d’Idlib » avec HTS, ancienne branche locale d’Al-Qaida, a déclaré le nouveau porte-parole de l’EI, dans un enregistrement vocal publié sur les chaînes Telegram du groupe.

HTS, formation djihadiste hostile à l’EI, tentait de capturer Abou Al-Hussein Al-Husseini Al-Qourachi, a fait savoir le porte-parole, qui n’a précisé ni le lieu exact de sa mort ni la date de celle-ci. A la fin d’avril, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait annoncé que « le chef présumé [de l’EI], nom de code Abou Al-Hussein Al-Qourachi », avait été « neutralisé » lors d’une opération des services de renseignement turcs en Syrie.

Selon l’agence de presse turque Anadolu, l’homme avait été tué dans la province d’Afrine, voisine de la province d’Idlib et sous contrôle des forces turques et des factions syriennes favorables à Ankara. Reclus dans une maison dotée d’un « bunker souterrain », le djihadiste avait déclenché sa ceinture d’explosifs, selon l’agence étatique.

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Nouveau chef, l’ancien porte-parole enlevé

Mais le nouveau porte-parole de l’organisation djihadiste a accusé HTS – que l’EI considère comme son principal ennemi – de travailler pour Ankara et d’avoir tué Abou Al-Hussein Al-Husseini Al-Qourachi. Selon lui, les combattants de HTS auraient remis sa dépouille au gouvernement turc. Il a également accusé le groupe d’avoir enlevé l’ancien porte-parole de l’EI, sans donner plus d’indications sur cet enlèvement. Le nouveau chef de l’EI s’appelle désormais Abou Hafs Al-Hachemi Al-Qourachi, a annoncé le porte-parole.

Environ la moitié de la province d’Idlib, ainsi que des portions des provinces voisines sont contrôlées par HTS, une formation considérée comme une organisation terroriste par Washington, Damas et les grandes puissances. Le HTS, dirigé par Abou Mohammad Al-Jolani, n’a fait aucun commentaire.

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Le 30 novembre 2022, l’EI avait confirmé la mort de son chef précédent, tué en octobre dans la province de Deraa (Sud) au cours d’affrontements avec des combattants locaux. Neuf mois auparavant, en février, son prédécesseur avait été tué dans la province d’Idlib, dans une opération des forces spéciales américaines. Et en octobre 2019, Washington avait annoncé la mort du premier chef de l’EI, Abou Bakr Al-Baghdadi, au cours d’une opération américaine mené à Idlib.

L’EI s’était emparé de territoires entiers en 2014 dans les deux pays pour y exercer son régime de terreur, avant d’être défait en 2017, en Irak, et en 2019, en Syrie, sous le coup d’offensives successives menées par la coalition anti-EI dirigée par Washington. Mais des cellules de l’EI, également présente dans plusieurs pays asiatiques et africains, continuent à lancer des attaques sporadiques en Irak et en Syrie. Depuis la fin de 2022, l’EI a multiplié les attaques meurtrières dans le vaste désert syrien.

Le Monde avec AFP